Niënna (aussi épelé Nienna), la Pleureuse, était l’une des neuf
Valier, et était considérée comme membre des
Aratar. Sœur de
Námo et
Irmo, la pitié habitait son cœur, et le deuil et les larmes étaient son lot.
A l’
Ainulindalë elle ne prit que peu part, écoutant attentivement tout ce qu’elle entendait. Ainsi sa mémoire était grande et sa prévoyance immense, percevant comment les différents thèmes se mêlaient dans le
Conte d’Arda. Cependant elle était peu joyeuse, et son amour était mêlé à la pitié, désespérée des maux du monde et des choses qui fanent. Tellement grand était son apitoiement qu’elle ne put endurer la fin de la Musique des
Ainur. C’est pour ça qu’elle n’avait pas l’espoir de
Manwë.
Elle n’avait pas d’époux, habitant seule dans les confins occidentaux de
Valinor, aux abords d’
Ekkaia, non loin des
Cavernes de Mandos : d'ombres était son domaine et son trône caché.
Elle venait rarement à
Valmar, préférant se rendre dans les
Cavernes de Mandos au nord de sa demeure ; et quand elle s’y rendait toutes les âmes qui y étaient l’appelaient car elle guérissait les douleurs, et changeait l’affliction en médecine et les peines en sagesse.
En 3500 de l’
Âge des Lampes elle vint avec
Yavanna sur la
Colline Verte ; et tandis que
Palúrien la consacrait et qu’elle chantait assise dans l’herbe une mélodie de grande puissance, elle l’humidifiait de ses larmes. Ainsi naquirent de leurs pouvoirs réunis les
Deux Arbres :
Laurelin et
Telperion.
En l’an 1400 de l’
Âge des Arbres, elle soutint les prières de
Melkor* lorsqu’il eut purgé sa peine dans les
Cavernes de Mandos. Après la destruction en 1495 des
Deux Arbres par celui-ci, malgré ses vaines tentatives de les sauver, et après que
Fëanor ait refusé au monde la lumière de ses
Silmarilli, elle pleura longuement sur
Corrolairë, s’endeuillant de l‘amertume du monde.
*Pendant longtemps elle fut considérée comme la sœur de
Melkor et
Manwë plutôt que des
Fëanturi ; dans ces versions, elle aurait donc apporté son soutien à la libération de
Morgoth du fait de son parentage avec lui.