Amdir et Estel sont deux concepts du
Conte d’Arda peu souvent évoqués mais dont la dialectique s’inscrit en filigrane tout au long de celui-ci. Cette dialectique centrale de la philosophie des
Elfes, probablement héritée en partie des
Valar, est exposée dans l’
Athrabeth Finrod ah Andreth, le débat philosophique ayant eu lieu en 409 du
Premier Âge entre le Roi
Finrod et la Sage
Andreth.
Tels qu’exposés par
Finrod, ces deux concepts, abordant la notion large d’espoir, peuvent se définir de la façon suivante :
- L’amdir est l’espoir « ordinaire », une attente d’un bien, qui, bien qu’incertaine, se fonde sur ce qui est connu. Ainsi, par exemple,
Fingon pouvait-il espérer l’arrivée de
Maedhros et de ses armées lors de
Nirnaeth Arnoediad, puisque tels étaient les plans de l’
Union de Maedhros.
- L’Estel est un espoir bien plus profond, qui s’identifie à la vertu théologale chrétienne de l’Espérance. Il n'est pas défait par les manières du monde, car il ne vient pas de l’expérience, mais de la nature et de l’être premier des
Enfants d’Ilúvatar. Il exprime la croyance selon laquelle, s’ils sont réellement les
Eruhíni, les
Enfants de l’Unique, alors
Eru ne souffrira pas Lui-même d’être privé de Son bien, par quelque ennemi que ce soit, même pas par les Enfants eux-mêmes. Là réside l’ultime fondation de l’Estel, qu’y est conservé même lorsque la fin d’
Arda est contemplée : de tous Ses desseins l’issue doit être au bénéfice de la joie de Ses Enfants. L’Estel est donc un Estel en
Eru, une Espérance, une confiance en lui. Le concept porte également en lui l’Espérance qu’
Eru mettra fin au
Marrissement et qu’adviendra alors
Arda Envinyanta.
Par ailleurs, l’Estel est personnifié au sein du Légendaire dans le chef d’
Aragorn, dont il était un autre nom. Pour plus d’informations sur ce point précis, voir
Estel.